De l'Italie à la France, l'histoire de ma famille

Grâce à Angelo

Début dix-neuvième: Apostolo

Le sort des italiens du nord et des savoyards est si intimement lié depuis des siècles que ces gens retrouvent leurs origines un peu mélangées. Je descends d'une famille dont les racines ont pris naissance au bord des tumultueux torrents des Alpes. La moitié maternelle travaillait les champs le long du Guiers aux limites de la Savoie depuis de multiples générations. La moitié paternelle, sur le versant italien (en ce temps sous domination Autrichienne jusqu'à 1866), se prélassait probablement en pêchant à la ligne au bord du Piave ou sur un quai au bord de l'Adriatique dans la région de Burano. Apostolo, né vers 1800, rêvait en chantonnant, à sa belle Elisabetta.

Antonio et Elisabetta

Antonio est né le 8 nov 1835. Il a grandi dans la maison d'Apostolo, à Burano , le 27 avril 1857 il épousa Elisabetta, née le 13 juillet 1834. Ils vécurent à Tréviso. Ils eurent plusieurs enfants. Moins de quatre mois après leur mariage, leur premier fils Eugenio naquit le 4 août 1857 (Ah! ces italiens) . Leur fille Maria Italia Libera naquit le 15 mars 1859. Ils avaient trente-quatre ans à la naissance d'Angelo, mon arrière-grand-père, en 1870. Ils ont eu certainement d'autres enfants dont nous ne possédons pas les enregistrements.

Angelo et Cecilia

Angelo naquit  le 4 avril 1870. À première vue, nous ne savons pas grand-chose de lui.

Le 30 décembre 1890, Angelo épouse Cecilia. Tout au long de leur jeunesse en Italie, Angelo et Cecilia n'ont connu qu'émeutes sociales et crises politiques..Au début de XIXe siècle, l'expansion économique est très grande et très rapide en Italie.  La main-d'oeuvre est trop abondante et bon marché.  On assiste aux plus grandes migrations vers la France. Sous Giolitti, la prospérité est assurée par la corruption et l'évolution vers le libéralisme.  Le peuple exploité, lui, opte pour le socialisme.  Angelo se dit socialiste, il lèvera fièrement son poing vers le ciel jusqu'à la fin de ses jours.  Une recrudescence de l'agitation politique et sociale se fait sentir juste avant la première guerre mondiale..

Angelo quitte l'Italie vers les années 1910, pour des raisons probablement économiques, suivant de ce fait les nombreux migrants vers la France, à  la recherche de travail.  Il avait 11 enfants à nourrir et ne reculait devant rien.    Parti devant avec son fils aîné, il fit venir le reste de la famille quelques temps plus tard.  Cécilia retourna en Italie pour accoucher de son dernier enfant Amedeo, en 1911, chez sa fille aînée qui elle, était mariée et resterait en Italie. Elle repartit rejoindre angelo quelques temps plus tard.

Ils vécurent le reste de leur vie en France, en Savoie,  à Gallas, à Saumanes, à Fontaine de Vaucluse.

Je crois être allé chez Angelo quelques années avant sa mort. J'avais moins de  8 ans, il me faisait un peu peur. Un arrière-grand-père, quel patriarche.  On m'aurait emmené chez Mathusalem que ça ne m'aurait pas plus impressionné.  Sa maison était sombre comme toutes les vieilles maisons de Provence, il y faisait frais car les volets restaient fermés toute la journée et une légère senteur d'humidité imprégnait l'air. Il me caressa les cheveux d'un geste maladroit et demanda à Cécilia d'apporter du vin, pour lui et mon père.  Il parlait tantôt français, tantôt italien d'une voix rauque et enjouée.  Il était content de nous voir.  Cécilia était à peine plus grande que moi, silencieuse et souriante; elle portait un chignon bien tourné derrière la nuque.  Elle servit le vin et laissa la bouteille sur la table.  Angelo dit-on buvait deux litres de vin par jour en mangeant et fumait un paquet de cigarettes.  Il suivit ce régime toute sa vie et s'en portait très bien, jusqu'à ce qu'il se retrouve à l'hospice à  la mort de Cecilia. Là, on lui retira totalement cigarettes et vin  "pour son bien".  Il en mourut quelques mois après Cécilia, en 1961, le jour de leur anniversaire de mariage. 

Amédeo, leur plus jeune fils, mon grand-père, en grandissant, allait de villages en villages, dans les bals du dimanche soir jusqu'à ce qu'il rencontre Juliette .

Cecilia: enfant trouvée sur les marches d'une église

Cécilia était une enfant de l'assistance publique, née le 30 juin 1870 à Belluno, Italie. Est-ce le jour réel de sa naissance ou celui ou on l'a trouvée à la porte de l'église de Belluno ? Elle a été abandonnée et élevée dans un couvent, du coté de Tréviso.

Elle portait dans son berceau, selon une rumeur familiale (et d'après ses dires, comme dit mon père), de riches habits et une broche en or représentant un coutelas dans un fourreau (mais ceci est une longue histoire). Nous aimerions connaitre le nom de ses parents: on dit dans la famille que sa mère est venue jusqu'en France pour la voir. Cécilia a refusé de la recevoir, expliquant qu'une mère n'abandonne pas son enfant, qu'elle n'avait pas de mère. Si quelqu'un de la région de Saumane a connu cette femme, svp, nous en informer.

Amedeo et Juliette

Mariés en 1930, ils eurent six enfants, en perdirent deux. Ceux qui restent: Georges, René, Liliane, Michel.

Ils sont mes grand-parents, l'italien et la savoyarde. Ils ont eu la vie dure, traversé deux guerres, et on légué à leur descendance une bonne dose de force de caractère et d'humour. Une page pour eux

Georges

Mon père est né à Saumanes, Vaucluse, France, et vit actuellement sur la Côte d'Azur une retraite tranquille.

Il a passé quelques années au Québec, mais a préféré rentrer au bercail pour profiter du soleil de Provence. Il habite un village tranquille à 30 km de la mer, avec vue de son balcon sur la Sainte-Baume.

Marie-Jo, auteur de ce site

Fille de Georges, je suis née en Provence, France, à Château-Neuf-de-Gadagne, et j'ai passé une jeunesse tranquille à Saint-Saturnin-lès-Avignon, à 10 km d'Avignon, cachée dans un amandier en fleurs, jusqu'à ce que mon père décide de nous propulser en pays étranger, avec sa nouvelle épouse Fernande et mes frères: Geo et Fernand avaient 9 et 11 ans.
J'avais 13 ans lorsque nous sommes arrivés au Québec.
J'ai tout de suite aimé les grands espaces et l'hiver blanc. J'ai appris la vie et le langage québécois, j'ai épousé un Québécois et mis au monde une québécoise, et je crois que j'en suis devenue une.

Ma descendance, une Renaud

Fille d'un Québécois, Isabelle a grandit à Québec. Elle a fait ses études à l'Université Laval et a complété un mémoire de maîtrise concernant l'Internet et l'Identité québécoise.
Le site d'Art Makisart est de sa conception, ainsi que le site d'élevage Angéléo, et bien d'autres; et elle m'a bien aidé pour celui-ci.